Les jeunes ivrognes s’insultent à la volée du vent qui les fait tituber.
Tout en pissant le long du quai, ils s’imbibent de bière chaude.
Leurs joues, griffées par le sel, se tapissent de grosses larmes suintantes.
Elles glissent le long de leurs rides précocement creusées.
Devant la porte du bar entrouverte, quelques femmes assemblées fument leur vague à l’âme.
Elles se racontent d’une voix forte et triste des histoires de parkings et d’hommes de passage, d’hommes à venir et ceux en devenir, des hommes à retenir, ceux qu’il faut bien soutenir, d’enfants et de misères à prédire.
Le regard de ces femmes traversent de manière insolente les silhouettes floues des hommes perdus.
Ils rient et crient après les chiens qui copulent dans leurs jambes.
Les quais sales sont jonchés d’humeur et l’odeur du poisson pourri embaume la compagnie.
Ile de Sein 14 mai 2010
Catmace